| Séminaire du 1er décembre 2003 - retranscription des propos tenus |
Dominique VERNAY :
Nous sommes un groupe de 28 personnes, comprenant des personnes de la recherche publique, du monde du financement, des PDG ou gérants de start-ups, des représentants de grandes entreprises, un représentant de la DGA et un représentant de l’Union européenne.
La compétitivité dont nous parlons n’est pas celle de la France, mais bien de celle des entreprises qui sont en France. Nous avons soulevé la question de la nationalité pour conclure qu’il ne s’agissait pas d’un problème pertinent : nous parlons de la compétitivité des entreprises qui œuvrent en France.
Nous avons établi l’écosystème dans lequel les entreprises sont appelées à travailler : les entreprises travaillent sur un territoire (qui est plus ou moins attractif), qui s’inscrit lui-même dans ce que nous avons appelé « l’environnement sociétal ».
Concernant l’objectif de 3 % de Lisbonne, il faut souligner qu’il manque près de 1 point pour ce qui est du financement des entreprises. Il faut toutefois distinguer, dans ce domaine, les grandes entreprises et les PME-PMI. Les grandes entreprises sont obligées d’investir pour résister. Ainsi, on peut penser que les grandes entreprises ne devraient pas augmenter leurs investissements en matière de R&D. Ce sont plutôt les PME innovantes qui devraient contribuer à cette augmentation de l’investissement privé dans la recherche.
Les questions sur lesquelles notre réflexion a porté concernent :
- l’attractivité du site France pour les entreprises et les personnels innovants (ce qui soulève, outre l’attractivité de l’environnement fiscal et la qualité du système de recherche et d’enseignement, la question de la lisibilité du SFRI) ;
- la dynamique de création et de développement des PME innovantes (avec, notamment, la possibilité de la création d’une PME européenne, qui est sans doute un levier qu’il ne faut pas négliger) ;
- le choix et l’orientation des grands domaines de recherche (la question de la spécialisation notamment ayant été soulevée) ;
- le financement de la recherche et de l’innovation (comment peut-on faire pour que l’épargne française, qui est une des plus élevées au monde, puisse s’investir dans l’innovation et la recherche ?) ;
- les moyens humains et compétences pour la recherche et l’innovation (Pour certains, les grandes écoles scientifiques et les universités ne seraient pas en mesure d’alimenter le SFRI. En outre, nous avons souligné la nécessité de rapprocher les personnes qui font de la recherche des entreprises. De plus, la question de la formation tout au long de la vie a été soulevée. Enfin, quelle est la capacité de notre pays à favoriser le travail en équipe ?) ;
- la réactivité et l’efficience du système de recherche et d’innovation (Nous avons soulevé la question du temps de l’innovation. Par ailleurs, il faut s’interroger sur la vitesse à laquelle les innovations sont déployées. Enfin, le problème de l’évaluation doit être traité : aujourd'hui, il est difficile d’identifier les équipes véritablement performantes).
Ensuite, nous avons proposé quatre scénarios.
Premièrement, on peut faire l’hypothèse de la mise en œuvre de mesures d’adaptation progressive sans vision d’ensemble.
Deuxièmement, on peut penser que la recherche publique contribuera à l’émergence de pôles d’excellence grâce à une concertation dans la durée de l’action de tous les acteurs.
Troisièmement, un plan d’actions pourrait être mis en œuvre, qui viserait à attirer les investissements étrangers dans la recherche et l’innovation et à générer des pôles autour des multinationales implantées sur le territoire.
Le quatrième scénario postule une action concertée des pays européens soutenant l’innovation par des grands programmes civils et militaires. Ce scénario serait favorable aux grands groupes. On peut se demander quels mécanismes pourraient être mis en place pour assurer des retombées économiques plus larges et plus rapides.
Ces différents scénarios, et notamment les deux derniers, sont totalement indépendants, et l’on peut imaginer une hybridation de ces différents scénarios avec, par exemple, le lancement de grands programmes parallèlement au développement local des PME innovantes.